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Les gens sont prêts à voter pour des candidats sans étiquette, à deux conditions toutefois, celle qu'ils sachent ce que veut dire cette absence d'étiquette et celle qu'ils soient sûrs de celui ou celle avec qui ils ont affaire.
 
Si la question de obédience à un parti politique a toujours été un peu seconde au niveau des élections municipales, car il importe surtout qu'un maire participe de façon reconnue à la qualité de la vie dans sa ville, le discrédit des partis bien en place jusqu'à cette dernière décenie sème un peu plus la confusion dans les esprit à l'approche des élections locales de 2020. Anciens et nouveaux partis sont touis en quête d'élus pour redorer leur blason et mobiliser derrière leur bannière.
 
Mais ne rêve-t-on pas plutôt, pour diriger une ville, d'un esprit libre, qui ne soit pas inféodé à des consignes partisanes, un homme ou une femme qui, à la question "De quel parti êtes-vous ?" répondrait "Je suis du parti de ma ville". Mais, pour que ce soit un tant soit peu crédible, celui qui refuserait ainsi de se contenter du prêt-à-penser qui lui viendrait d'une doctrine officielle qui dicte de l'extérieur le bien et le mal de telle ou telle choix politique devrait cependant avoir des valeurs reconnaissables et reconnues. On ne peut faire crédit à un homme ou une femme pour "diriger une ville" qu'à la condition de le/la supposer suffisament impliqué.e, pertinent dans ses analyses, juste dans ses décision et fiable dans son action.
 
C'est bien là une vision "patriarcale" d'un maire. C'est oublier en fait la collégialité des décisions dans un conseil municipal qui ne voit pas les conseillers obéir au premier magistrat de la ville, mais être dans le consensus construit avec lui, et parfois même avec les oppositions, pour assurer à la ville sa vitalité et sa qualité d'existence. Car il s'agit évidemment de mobiliser l'intelligence collective, dans ce conseil et dans les quartiers, les associations, car la politique, dans le fond, c'est du vivre ensemble qui chemine au grè des ressources et des contraintes, obligeant à des choix, car tout n'est pas possible, pas tout en même temps. L'intérêt commun certes, doit y prévaloir, sans être sourd parfois aux demandes individuelles, mais, quoi qu'il en soit, toujours en recherchant ce qui est juste.
 
Il ne s'agit pas d'un gouvernement rationnel, simplement comptable, mais d'une gouvernance sensible aux personnes, à l'environnement, à l'art, à l’éducation, à la solidarité et au monde. Chaque ville, à sa façon est une fabrique de l'avenir, un laboratoire d'idée pour faire naître demain. Le fil de la mémoire et du passé ne peut s'y rompre, sinon, plus de trame où tisser ce qui doit devenir l'aujourd'hui de nos enfants. Chaque génération y a sa place, utile et bénéfique aux autres.
 
Il s'agit surtout de trouver les espaces de liberté qui se nichent encore dans la forêt des lois, des règlements, des contraintes administratives et règlementaires qui se sont abattues sur les villes et les maires. Il s'agit encore de construire une intelligence collective, une pensée en territoire où la Commune est la plus petite de Matrioschka dans l'empilement de que sont devenus ville, communauté de communes, agglomération/métropole, département, région, état sans écraser ce que sont les quartiers et les habitants.
 
Même si prendre la parti de sa ville, prendre la parti de ses habitants est une tâche exorbitante, même si la mandat du maire, à ne pas l'assumer pour sa seule gloriole, pour son seul pouvoir, est une chose horriblement complexe et lourde dès que l'accent reste centré sur la qualité de vive, sur un vivre ensemble, c'est l'homme ou la femme appelé.e à l'exercer que vous aurez bientôt à choisir.
 
Vous jugerez l'homme ou la femme, non sur ce qui sort de sa bouche, mais à ce que son action, malgré les contraintes, parvient à garantir et à faire évoluer là où nous voulons ps seulement habiter et vivre. Et vivre, c'est pouvoir encore trouver une école à proximité, son pain ou son médecin à quelques rues ; se retrouver à partager les mêmes passions ou activités sportives, de loisirs ou culturelle en association ; pouvoir se promener dans un cadre agréable, propre et fleuri ; se sentir et sentir ses enfants protégés ; avoir la possibilité de trouver et d'aller au travail sans trop de distance ...
 
Chacun a son idée de ce que peut-être une ville heureuse. Pour moi, c'est qu'elle permet l'expression de la diversité et en garantissant l'unité, c'est qu'elle reste attentive à ceux qui sont dans la difficulté en résistant à la tentation du ghetto ou de l'individualisme. C'est une lieu où l'entreprise et la solidarité ne sont pas adversaires. La ville est à la fois un lieu de paix collective en même temps que le jardin des individualités. Car une ville sans rêve est une ville qui meurt.